vendredi, octobre 20, 2006

Retour à Amman!

Jeudi 13 octobre: retour à Amman par le bus
C'est aujourd'hui le grand départ vers Amman. On règle l'hotel, direction le bus. Sur le chemin, difficile de repousser les assauts d'un chauffeur de taxi qui nous propose de nous emmener à la capitale pour 35 JD. Il devient vraiment insistant, mais comme il se heurte à un mur, il finit par nous lâcher, toujours avec le sourire. Ce sera le bus et rien d'autre. Petites provisions de gâteaux avant de monter dans la bête. Aqaba-Amman: 4,35 JD/pers.

Le bus est absolument dégueulasse, des traces noires de crasse sur les sièges brillants de graisse, miam miam! En voilà un travail pour M. Propre! Départ prévu à 10h, décollage à 10h30, presque en avance!! C'est parti pour 5 heures de bus non stop à travers les étendues désertiques jordaniennes, sur la "Desert Highway" (route qui rejoint le Nord au Sud, sans tergiverser). Au moment de passer le poste de contrôle de police, tout le monde doit descendre du bus. Les policiers fouillent le bus, ils n'ont rien trouvé, on repart aussi sec. Seuls les autochtones se font ouvrir leurs paquets, le touriste est complètement épargné. J'aurais pu avoir 3 kalachs dans mon sac, no souci!

15h: Arrivée à Amman, épisode un peu désagréable du taxi qui tourne 30 minutes dans Abdoun à la recherche de l'ambassade du Brésil. Après avoir demandé 20 fois son chemin, il finit par tomber sur la résidence de l'ambassadeur du Brésil qui bien sûr n'est pas l'ambassade du Brésil...Bref, il s'est bien foutu de nous, mais on n'en est jamais convaincu complètement. Je pense que ça viendra avec l'habitude! Maman nous attend à l'appart avec un bon déjeuner; le déménagement est arrivé!

Toujours plus loin vers le Sud: Aqaba

Mercredi 11 octobre: 2ème journée à Aqaba
Nuit difficile. Il a fait à peu près 35 degrés dans la chambre et le hurleur fou est toujours en liberté. 4h30 du mat', ponctualité à toutes épreuves dans ses essais vocaux... Pour le petit déj, pourquoi ne pas tenter les patisseries locales du quartier commerçant? Excellentes, pas chères, et plutôt extrêmement bourratives! C'est tout ce qu'il nous faut pour tenir jusqu'au dîner. On déguste ces petites gâteries sur la terrasse en regardant la mer.

L'Anglais est parti très tôt ce matin pour aller à Dahab en Egypte. Il doit rejoindre Sharm El Sheikh où il récupère son avion pour rentrer au pays. Il a payé son aller-retour 300€ environ, soit deux fois moins que nous pour Paris-Amman! A retenir!

10h: On lève le camp, le tour opérateur qu'on attendait à moitié, n'est finalement pas venu. Objectif: trouver une voiture qui nous dépose au "Japanese Garden" (spot de plongée sous marine sur une plage publique = gratuite) avec un masque et un tuba. Passage à l'Info Center, pas très loin de notre hotel, qui est vraiment très bien. Les informations sont brutes, ils n'essayent pas de nous refourguer des plans bidons, ils nous poposent même des activités gratuites!! L'hôtesse du Centre nous indique un quartier d'Aqaba très porté sur la plongée. On y fonce aussi sec et on rencontre Jafar sur notre chemin qui nous propose la formule tout pour 10 JD/pers. Il fait partie d'un club de plongée réglo, on accepte. 20 minutes plus tard, les roues de la grosse 4x4 de Jafar crissent sur le bitume. Direction: Japanese Garden.


11h: Arrivée sur la plage gratuite. Les palmes aux pieds, nous sommes prêts à explorer les fonds sous-marins. La plage est un peu sale mais fortement pourvue en parasols. Plutôt intéressant avec cette chaleur! On pose nos affaires à l'ombre et on rentre dans l'eau en empruntant une sorte de canal dans le corail. Les fonds sont superbes, beaucoup plus divers qu'au Royal Diving Center! Il y a un passage pour rejoindre la pleine mer. Le "Japanese Garden" est marqué par un triangle de bouées oranges à environ 50 m du bord de l'eau. Ce sont 2 gigantesques patates de 15 m de haut au milieu de nulle part (au programme, 5 rascasses volantes dont une en train de nager en pleine eau).
Après cette première excursion, nous rentrons sur la plage. Nos ventres commencent à crier famine: c'en est trop, on finit par acheter 2 yaourts et 1 paquet de biscuits dans la petite cabine du gardien. On a vraiment trop la dalle! Après ce frugal repas, retour dans la mer. Un bédouin-plongeur nous propose de nous emmener voir un tank soviétique sous l'eau. On n'a pas les moyens, au revoir! On finit l'après-midi à barboter dans l'eau (il fait trop chaud même à l'ombre des parasols). Petite douche pour se dessaler (gratuite!) sur la plage et on rentre avec Jafar qui vient nous récupérer à 17h.

Sur le chemin vers Aqaba, je lui demande une suggestion de resto pour le soir. Il nous propose aussitôt de nous emmener à 18h30 dans un restaurant pour manger du poisson frais. Il a prévu d'y aller avec des amis. C'est une super occasion, on y va! Ses "amis" que je croyais être de simples clients (ils sont belges donc touristes à première vue) sont en fait l'épouse et les beaux parents de son pote jordanien. Sur un quiproquo, nous nous retrouvons parachutés dans un dîner de famille jordano belge...
On s'esquive à la fin du dîner et on rentre à l'hotel.

jeudi, octobre 19, 2006

Toujours plus loin vers le Sud: Aqaba

Mardi 10 octobre: 1ère journée à Aqaba
La nuit était un peu agitée, des chats se sont castagnés en hurlant comme des bébés. Puis le hurleur fou de 4h30 s'est à nouveau plutôt bien lâché. Il a du coffre le garçon!

6h30: On va secouer un des bédouins de la Rest House. Il s'était habillé pour nous préparer le petit déj mais s'est complètement rendormi. Le bus part à 7h et il n'a rien préparé! Pas question de partir le ventre vide!! 15 minutes plus tard, il revient (toujours dans le cirage) avec un super petit déj à base de kiri-huile d'olive et omelette. On gobe tout ça en trois coups de cuillère à pot et on file chercher nos sacs pour le départ.
On attend le bus sur le bitume de la route, juste en face de la Rest House. Il est 7h et le bus arrive "d'ici 5 minutes" nous indique le bédouin. 7h15, 7h30, 7h45 toujours pas de bus. On commence à se poser des questions: y a-t-il des horaires particuliers à cause du Ramadan? Serait-il passé sous notre nez? Pas possible, on n'a vu que 3 dromadaires et 2 jeeps... Finalement, le bus arrive comme une fleur à 8h, après 1h de retard. Gros soulagement quand même!

Le conducteur a l'air poli comme une porte de prison et nous fait raquer 2 JD/pers pour Aqaba. On met nos gros sacs sur la banquette arrière. Juste derrière nous, 2 femmes voilées de pieds en cap, mais assez souriantes (on voit quand même leurs yeux plissés...!).

Photo discrète dans le bus: bédouin à gauche, touriste à droite et dromadaire auto-stoppeur

Le bus s'arrête 20 fois sur le bord de la route pour prendre des passagers. Il n'y a pas d'arrêts de bus, juste des gens qui se promènent sur le bord de la route. Soudain, grand coup de volant à gauche! le chauffeur prend l'autoroute à contre sens pour rejoindre la station d'essence de l'autre côté! Personne ne s'affole, tout est normal. Je reste tranquille sur mon siège, une grosse goutte de sueur me dégouline sur la tempe... A la sortie de la station service: rebelotte, et vas-y que je te retraverse l'autoroute!
Juste avant un poste de contrôle de police, un petit groupe de personnes monte dans le bus et s'installe dans le fonds à côté de nos sacs. Au moment du contrôle, un soldat jordanien monte dans le car et pointe du doigts nos 3 gaillards qui s'étaient installés au fonds près du radiateur. Ils doivent montrer leurs papiers et descendent du bus. Au bout de 5 minutes, le problème n'est toujours pas réglé, le chauffeur part sans eux. C'étaient sans doute des Egyptiens récidivistes!!

9h30: Arrivée à Aqaba. L'Anglais est déjà passé par cette ville, où il s'est d'ailleurs fait arnaqué en série, et connaît maintenant les bons plans pour se loger et se déplacer sans se faire enfler. Il nous indique le Petra Hotel dans le centre commerçant de la ville, petit hotel un peu crado, où on trouve une chambre pour 4 JD/pers. L'hotel ne paye pas de mine, et est clairement un hotel de backpackers (c'est-à-dire nous!). Je dirai même qu'il était carréméent crado! Par contre, la vue sur le Golf d'Aqaba justifie à elle seule de payer 4 JD! Gros "hic": présence à 50 m d'un Minaret qui crache du 2000W à 4h30 du mat', avec un chanteur en pleine forme.

Vue de notre chambre au Petra Hotel. Sur la rive en face, la station balnéaire israëlienne d'Eilat

10h: On décide d'aller se baigner sur les plages du Sud, qui paraît-il, sont les plus belles! On part en taxi (4 JD) au Royal Diving Center, pour faire notre première journée de snorkling. L'Anglais nous montre son guide, 3 étoiles au moins, 3 JD l'entrée. En arrivant là-bas, on nous demande de payer 10 JD/pers (mais il y a une boisson incluse pour ce prix là, ah oui monsieur!). On paye à contre coeur cette montagne de JD, mais dieu sait qu'on a essayé de négocier le prix sans la boisson, sans les serviettes, sans le sable, etc... Le prix ne bougea pas d'un fil. Mais on n'est pas au bout de nos peines, car il faut ajouter:
-2 JD pour un masque
-2 JD pour des palmes
-1 JD pour un tuba
TOTAL: 5 JD supplémentaires pour voir les poissons!

On prend un masque pour 2 et on se dirige vers la plage qui heureusement est impeccable. Toutes les 30 minutes, un jardinier vient trier les grains de sable. Un employé acourt pour nous poposer des serviettes et des matelas. Je lui demande bien si tout est inclus dans le prix du ticket. "Everything included of course!" Je lui en prends 3, je m'installe, mais lui reste planté à me regarder... ça devient un peu gênant. Puis il craque et me demande: "Le service était bien?" Je lui réponds "Très, bien merci". Il me dit très clairement qu'il veut un pourboire, logique! Je ne comprends rien, je le regarde l'ai ahuri. Je ne comprends vraiment rien! Il finit par se barrer sans 1 JD. Trop c'est trop, on va finir avec les "pockets turned out!"

Dattier sur la plage du Royal Diving Center

On s'allonge sur nos transats matelassés à l'ombre des parasols. Puis vient l'heure de la baignade. Je prends le petit ponton qui permet de dépasser le massif coralien et de se baigner au delà de la "barrière". Il y a une dizaine de mètres d'eau et plein de poissons (même une rascasse sous la première marche de l'escalier!). Les fonds sont très beaux mais la plage du Royal Diving Center n'est pas très étendue. On doit sortir sur la droite pour avoir plus de fonds. L'Anglais a réussi à se faire arnaquer à nouveau. Il a payé son tuba 2 JD au lieu d'1 JD. On ne peut vraiment pas le laisser tout seul celui-là!

Les pieds dans l'eau (ou presque) sur le ponton de l'hotel du Royal Diving Center

17h: On prend la navette qui retourne à Aqaba. Une fois dans le centre ville, on essaye de partir sans payer (bon début de négociation à retenir: croire que tout est gratuit!) mais on se fait bien vite rappeler par le chauffeur. On pensait que c'était inclus dans le billet d'entrée à la plage, sorry. 1 JD pour le bus, on s'en tire bien. On n'a encore rien mangé, juste des gâteaux apéro achetés la veille dans la superette du Wadi Rum, et une bouteille de Pepsi (2 L=1 JD). On n'a plus un rond, il nous faut du cash. Un jordanien nous propose "gratuitement" de nous déposer devant un ATM. Vraiment très sympathique! En rentrant, on passe devant le McDo où on craque pour le Mc Arabia! Seulement 3 JD pour un King Size! On y retrouve l'Anglais Daran en train de siroter son Coke. J'étais assez tenté par le menu Mc Ramadan, mais il était un peu trop énorme à mon goût! Big Mc + Mc Chicken + soupe + frites + Coke + Eau minérale pour 2,99 JD... ça c'est du marketing!

On rentre à l'hotel par le bord de mer en longeant les petits carrés de plantation de...? L'accès à la plage n'est pas pratique du tout et complètement encombré de restaurants et de petits bouibouis. On fait un détour par le quartier commerçant à la recherche d'une cabine téléphonique pour appeler les parents et les prévenir de notre retour le surlendemain. Fastlink propose un service de téléphone à la carte où on paye seulement à la minute, en utilisant le portable du magasin. Impossible de joindre les parents. On profite du moment pour réserver le boat trip pour le lendemain: journée plongée sous-marine à partir d'un bateau avec déjeuner inclus pour seulement 10 JD/pers d'après l'affiche du Petra Hotel. Bien sûr quand on appelle, les tarifs changent: 20 JD au lieu de 10 JD. C'est à se taper la tête contre les murs! Eh quoi! S'il prépare le bateau se sera seulement pour 2 personnes parce qu'il n'a pas de sortie prévue le lendemain! Donc si on embarque, c'est minimum 20 JD/pers... Je lui réponds que c'est bien dommage parce qu'on ne payera pas un JD de plus. Lui n'a pas l'air de vouloir baisser son prix non plus. Gros blanc au téléphone... Puis juste avant de racrocher il me dit qu'il viendra quand même à l'hotel le lendemain avant 10 h pour discuter :)

Je suis à moitié convaincu. On décide d'explorer d'autres pistes pour le lendemain. On veut juste faire de la plongée, on a besoin de matériel. On se balade dans la rue et on finit par se faire accoster par Ali qui nous demande si on a besoin de quoi que ce soit. Je lui parle de notre problème et aussitôt, il nous raconte qu'il a une voiture, des masques, un bateau, et pourquoi pas une machine à laver...? Il nous laisse son numéro mais n'a pas l'air convaincu qu'on le rappelera. Y a de quoi! On rentre à l'hotel pour retrouver Daran the English man. On profite de la chaleur de la soirée pour aller bavarder sur le toit de l'immeuble et avoir un peu d'air. Là, surprise, on arrive sur une grande terrasse, qui en est réalité la chambre de l'homme à tout faire de l'hotel, un certain Mohamed, Egyptien immigré. On tape la discute, avec Mohamed. Malheureusement son anglais est très limité, on a vite fait le tour de tous les sujets de conversation envisageables. Par contre, étrangement, il a l'air de connaître l'ensemble du paysage politique français: Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy, et même notre chère star nationale Ségolène Royal!

On finit par se lasser et on part se coucher en pensant aux poissons du corail.

mercredi, octobre 18, 2006

Le Wadi Rum: sur les traces de Lawrence d'Arabie

Lundi 9 octobre: 2ème journée au Wadi Rum
La nuit sous la tente dans le Wadi Rum a été un peu courte. Entre le hurleur fou de 4h30 du mat' et mes soucis gastriques, difficile de trouver le sommeil...Réveil 8h pour partir à 9h avec Saleman notre guide (frère d'Aouda). Petit déj très copieux. On retrouve Daran, l'anglais rencontré la veille qui nous raconte ses mésaventures en Egypte où il s'est fait arnaquer à répétition. On lui propose de nous accompagner dans notre tour et de le déposer au milieu du désert (il a déjà fait son tour de jeep la veille) pour 10 JD, ce qu'il accepte avec enthousiasme.

9h30, c'est parti! On fait un stop au magasin d'Aouda pour prendre 3 bouteilles d'eau au prix négocié la veille (hé oui! tout se négocie!). Arrivé dans la boutique, voilà qu'il n'arrive pas à se contrôler et essaye de grapiller des JD: 1 JD pour 2 bouteilles au lieu des 3 prévues. Y a pas moyen, ce sera 3 ou rien. Aouda cède (et en plus ce sont des bouteilles de 2L, on commence à avoir le sens du business!). On fait un dernier plein d'essence avec un vieux bidon dans une "station" bédouine, et on décolle enfin.

Notre guide Salman qui fait le plein "d'essence" avant de partir dans le désert. Sans doute un mélange savant d'huile de palme et de graisse de chameau

1er arrêt: Les gorges de Khazali
L'anglais nous abandonne pour continuer son périple en solo. Nous nous aventurons dans les gorges de Khazali, où l'on peut voir des personnages et des animaux gravés dans la roche. Le chemin s'arrête assez rapidement, pour continuer il faut escalader. Khazali signifie "Saute Ali" en arabe. Le nom vient d'une légende qui raconte l'histoire d'Ali, poursuivi au sommet de la montagne. Pour échapper à ses assaillants, le brave Ali sauta de la falaise en utilisant sa djellabah comme parachute.
A la sortie, on retrouve notre guide en train de prendre le thé avec ses copains les bédouins. Il ne fait pas le Ramadan lorsqu'il travaille :)

On repart les cheveux dans le vent vers notre 2ème arrêt: le petit pont de pierre.
Séance photos, on essaye les contre plongés pour donner de la hauteur au pont qui n'est décidément pas très haut. Salmane nous propose ensuite un arrêt chez des amis bédouins pour prendre le thé. On se sent obligé d'accepter au bout de sa 2ème tentative, on va encore devoir raquer...
La maman bédouin a fait le thé, le papa est hémiplégique et allongé sur une couche au fonds de la tente. Le fiston a l'air gentil mais ne parle pas un mot d'anglais. On tape la discute avec Saleman qui nous raconte son enfance à Wadi Rum: lui est allé à l'école jusqu'à 19 ans, son frère Aouda était guide et conducteur de jeep dès l'âge de 13 ans. On prend 1,2, 3 puis 4 thés chacun, l'heure tourne il faut partir. Saleman nous fait remarquer qu'il faut donner 2 JD aux bédouins pour les remercier. "Et 1 JD c'est bon?" La bédouine qui était toute souriante affiche une tête d'enterrement...Eh quoi, 1 JD c'est déjà pas mal, non?
On lève le camp en direction de notre 3ème arrêt: Um Fruth.

3ème arrêt: Um Fruth
C'est un très joli pont de pierre, ma foi plus impressionant que le premier, surtout lorsqu'on est dessus! La dalle de pierre a l'air un peu branlante mais on escalade quand même ;)

Pont de pierre d'Um Fruth. C'est bon, ça tient! On a sauté dessus plusieurs fois sans problème :)

4ème arrêt: La maison de Lawrence d'Arabie (enfin ce qu'il en reste!)
Il a fait construire cette maison pendant son séjour de 2 ans dans le Wadi Rum. Il allait récupérer son eau à la source qui porte aujourd'hui son nom à 5 km de là. Complètement en ruine sa baraque, mais vue imprenable sur le désert! Un peu trop de mouches peut-être...En tout cas c'est la maison du film de David Lean!

5ème arrêt: Les inscriptions anciennes (Anfashieh)
On fait un stop dans un défilé qui était un passage obligé par les caravanes qui faisaient la route depuis Bagdad vers la Mecque pour le pélérinage. Sur la falaise on aperçoit de très anciennes inscriptions Anfashieh dont certaines encore reconnaissables: ainsi "La Mecque" est représentée par un signe qui ressemble à une voiture de course. On continue avec les dunes de sable qu'on dévale en courant.

Inscriptions Anfashieh: à gauche, la petite voiture de sport signifie "La Mecque". Les formes de dromadaires signifient "Dromadaires". Facile, non?

Le chauffeur nous laisse finir à pieds: ça nous fait une petite balade d'1h30 jusqu'au village. Heureusement, nous avons un petit vent frais qui nous évite de fondre sous le soleil. Une fois arrivé, on va voir Aouda pour s'accorder sur le dîner. Il nous demande 1,5 JD/pers pour acheter un gros poulet. On se donne rdv à 19h chez lui pour le dîner.

Besoin de lunettes: mon copain le dromadaire qui prend ma chaussure pour la tête de sa mère...

Petite sieste avant le dîner, on commence à avoir faim. On n'a rien mangé depuis ce matin, juste un petit peu de thé avec les bédouins. On débarque chez Aouda à 19h pétantes. Il nous installe dans la salle de "l'ordinateur" pour le repas. On est un peu déçu de ne pas dîner avec sa famille, mais en même temps il fallait s'y attendre. Pendant la période de Ramadan, ils dînent tous avec les poules (ou plutôt avec la Lune!). Sa femme apporte le plat de riz (à la bonne heure!! L'estomac va adorer...) avec un demi-poulet. C'est excellent! Elle nous propose de l'eau en bouteille (la bouteille ouverte aux 3/4 pleine me fait un peu peur...) et un petit thé à la menthe. Je soupçonne la bédouine d'avoir rempli une vieille bouteille d'eau minérale avec l'eau de son oasis...Oh et puis zut, Inch'allah! Au point où en est mon estomac, je pense avoir tout vu...

Les 3 enfants d'Aouda débarquent dans la salle et s'approchent timidement pour nous observer manger.On leur demande leur prénom (facile), puis leur âge (déjà plus difficile). On se retrouve à apprendre à compter en arabe. Le plus jeune (Amel, 3 ans) a l'air de boguer sur les seuls chiffres qu'il connaît, c'est-à-dire "saba" et "seita", qu'il répète imperturbable, pendant une bonne dizaine de minutes... On fait plein de photos et on propose à Aouda de les lui envoyer sur son compte Yahoo (vive la mondialisation) ;)
Le poulet terminé, on donne 1 JD à Aouda comme pourboire et on retourne au campement la panse bien pleine. Demain, lever à 6h pour prendre le bus pour Aqaba!

Le Wadi Rum: sur les traces de Lawrence d'Arabie

Dimanche 8 octobre: 1er jour à Wadi Rum
Réveil en douceur à 9h30, mais petite montée de stress: "Quand est-ce que l'hotel ferme l'accès au petit déj?" On descend en courant, craignant le pire. Gros soulagement, le buffet est encore là et les gauffres au chocolat nous attendent...

Les parents sont partis, adieu hotels luxueux et déjeuners pantagruéliques! On est 2 étudiants à nouveau. Ismaiel notre taxi driver est au rdv, on sera à 13h30 au Wadi Rum. Je m'assieds à côté du chauffeur qui baragouine 3 mots d'anglais, roule à 130 km/h sur les petites routes cabossées du désert, et curieusement sur la voie de gauche dans les lignes droites (pourquoi pas?).

Vue sur le Wadi Rum depuis Lawrence's Spring

On arrive au Visitor Center du Wadi Rum vers 13h30 et on s'acquitte du droit d'entrée (2 JD/pers). Nous profitons du moment pour aller glâner quelques informations dans le Centre. On est très bien accueilli, mais on se rend bien vite compte qu'on veut nous vendre quelque chose. D'ailleurs le bédouin du centre d'informations est lui-même un guide et nous propose très rapidement un séjour complet de 2 jours dans le Wadi Rum. Le prix 100 JD/pers, facile à retenir! On lui fait remarquer que ce n'est pas dans nos moyens. Il nous répond qu'on trouvera moins cher à la Rest House mais qu'il faut nous méfier "They offer poor services over there..." nous confie-t-il. Un peu surprenant comme remarque de la part d'un employé touristique gouvernemental. On le remercie et on s'en va, la main sur le porte-monnaie.

Au moment de remonter dans le taxi pour finir la course et rejoindre la Rest House du village, voit y pas notre chauffeur qui tente une sortie: "Si vous me donner 4 JD de plus je vous emmène jusqu'au village..."On lui répond qu'on s'est mis d'accord sur le prix de la course à 25 JD et qu'il n'aura pas un fil de plus. Tout grommelant notre chauffeur bédouin remonte dans son taxi et nous conduit jusqu'au parking de la Rest House. Je lui donne 0,5 JD de pourboire et il crie presque au scandale, lui qui 5 minutes plus tôt essayait encore de me soutirer 4 JD. Il faut se faire aux coutumes locales :) Pourtant il ne démord pas et nous offre de nous emmener à Aqaba le surlendemain pour un bon prix (35 JD). On lui répond qu'on prendra le bus, c'est plus dans nos moyens. "Y a pas de bus, y a pas de voitures, ici désert! Moi bon prix!" insiste-t-il. Il commence à nous gonfler, on lui lâche qu'on préfère faire le trajet à pieds.

A peine sortis du taxi un bédouin nous met le grappin dessus. Il nous connaît à peine et veut déjà nous inviter à prendre le thé chez lui... On lui fait alors remarquer qu'il fait chaud: "Pourquoi ne pas aller discuter à l'ombre sur la terrasse de la Rest House? On sera beaucoup mieux!" Là au moins, on risquera moins de se faire pigeonner, les prix officiels sont donnés par le patron de l'hotel. On peut commencer une négociation dans les règles de l'art et avec un ancrage correct. C'est parti, l'objectif étant de dormir 2 nuits sur place, de voir un maximum de choses en 1 journée et demie et bien sûr de payer le moins possible!

A l'ombre de la terrasse de la Rest House

Le bédouin: "I'll make good price for you, half of normal price"
Moi: "Voyons voir..."
Le Bédouin: "15 JD/pers pour la nuit dans le désert comprenant dîner et petit déjeuner. 45 JD pour un tour de jeep de 5 heures (prix officiel imposé par le gouvernement 65 JD)".

On finit par prendre le tour de jeep à 45 JD départ 9h le lendemain, retour à 14h au village. On choisit de passer le première nuit à la Rest House dans les tentes. Les prix sont très abordables:
-nuit: 3JD/pers (possibilité de dormir sur le toit pour 0,5 JD, mais attention les nuits sont fraîches en octobre dans le désert!)
-dîner: 7 JD/pers
-petit déjeuner: 3 JD/pers
TOTAL 13 JD/pers

On pose nos gros sacs à dos à la "réception" de la Rest House et on part prendre le thé chez Aouda, notre nouveau guide Bédouin. Il nous fait visiter sa maison et nous montre avec fierté sa connexion ADSL qu'il paye 60 JD/mois! Plus cher encore que France Telecom! :) Il a 5 enfants espacés de 9 mois chacun.
Il nous offre le thé et nous propose de rejoindre sa famille pour le dîner à 1,5 JD/pers. Comme on a déjà payé le repas de l'hotel, on refuse. Au comble de désespoir, il finit par nous proposer de lui acheter des bouteilles d'eau à 0,30 JD. Encore une fois on refuse, on en a déjà 4 dans le sac! Bad season! Bad season!

On le quitte et comme l'heure tourne on décide d'aller voir le coucher du soleil sur le Wadi Rum depuis Lawrence's Spring. Le temps de traverser le village vers le sud, on se fait accoster 3 fois par des guides qui veulent tous nous accompagner. On rencontre même le guide du Visitor Center qui nous avait proposé 2 jours à 100 JD/pers et qui tente une attaque de la dernière chance...en vain! On se retrouve enfin aux portes du Rum Village à faire nos premiers pas dans le désert! Quelle aventure! I faut compter un petit 1/4 d'heure pour rejoindre Lawrence's Spring. Il n'y a pas grand chose à voir à part 3 tentes de Bédouins.

Toilettes 5 étoiles de Bédouin à Lawrence's Spring, vue imprenable sur la vallée

On escalade la montagne pour admirer le désert au coucher du soleil, la vue vaut le détour! Cette petite grimpette nous permet également d'avoir une perspective plongeante sur les tentes bédouines et espionner leur mode de vie! Lorsqu'on redescend, la nuit commence à tomber, et il fait nuit noir quand on arrive au village.

Dîner à la Rest House avec des plats traditionnels (houmous, olives,...) et moins traditionnels (poulet frites) mais tout aussi consistants!



Petra, le repaire des Nabatéens

Vendredi 6 octobre: 1ère journée à Petra
L'hotel 5 étoiles est un très bon concept et on y dort plutôt bien! En route pour le petit déj, le programme de la journée s'annonce chargé, nous avons toutes les tombes nabatéennes de la vallée à visiter.

9h00: Nous achetons les billets pour rentrer sur le site, qui coûtent assez cher, ma foi! Il faut débourser environ 25 JD pour 2 jours de visite. Et contrairement à ce qu'affirme le Guide Bleu, il n'y a pas de réduction étudiante moitié prix. C'est tout notre budget qu'on doit recalculer, galère galère... A noter que le billet pour 1, 2 ou 3 jours est quasiment au même prix, donc autant rester les 3 jours. Papa, en bon jordanien (il a sa carte du club très fermé des "résidents") paye 1 JD seulement, ce qui nous laisse assez verts. Enfin, nous franchissons la grille du fameux site de Petra à Al Siq, et là, on se fait assaillir par les bédouins qui nous proposent le tour du site en mule, no thx! Le chemin qui descend vers le défilé nous plonge assez vite dans l'atmosphère du lieu, on aperçoit bien vite sur la gauche la première tombe nabatéenne, surmontée de pyramides. 5 minutes plus tard, on pénètre dans l'antre nabatéenne en franchissant l'arcade effondrée de la porte d'entrée, entre les deux parois de la gorge. De chaque côté du chemin, les anciens habitants ont taillé des rigoles directement dans le roc de la falaise pour canaliser l'eau qui dégouline pendant les périodes de pluie le long de la paroi. Ces rigoles suivent la gorge en pente douce jusqu'au coeur de la cité nabatéenne et permettait à l'époque d'alimenter l'ensemble de la ville en eau potable, et pour les bains publics.

La gorge fait environ 2,5 km de long et serpente dans le roc. A 10h, au détour du chemin nous apercevons la première tombe royale du Trésor "El Kazneh", qui à cette heure est illuminée par les rayons du soleil! C'est magnifique!

L'arrivée au temple d'Al Kazaneh. Lieu historique très fort: Indiana Jones est passé par là!!

10h30: On décide de partir visiter les hauts lieux d'Al Madbah, qui nous donneront une vue sympathique sur l'ensemble de la vallée. L'ascension se fait assez rapidement (30 minutes environ) par un petit escalier qui serpente dans la montagne un peu avant le théâtre romain. Au sommet, un monument assez particulier nous donne un bon aperçu de l'état d'esprit de l'artiste nabatéen qui ne fait pas dans la dentelle pour arriver à ses fins. Ces messieurs voulaient ériger 2 blocs de pierre de 6m de haut au somment de la colline. Eh bien qu'ont-ils fait? Ils ont rasé la colline en épargnant les blocs de pierre qu'ils voulaient laisser. Illustration en image...

Un des 2 obélisques du Haut Lieu d'Al Madbah

Cette découverte de la technologie nabatéenne a été une révélation pour nous! Ils "construisaient" leur temple de haut en bas de la même manière qu'ils ont "bâti" ce bloc. Après cette révélation, nous décidons de continuer notre chemin vers le Haut Lieu du Sacrifice...brrr! A l'ombre de son étalage de collier, une femme enceinte jusqu'aux dents, un enfant de 5 mois dans les bras, nous propose sa marchandise. Elle est accompagnée de 2 petites filles bédouines qui nous escortent jusqu'au sommet, où est installé le lieu du sacrifice. Mieux que le Guide Bleu! Elles nous racontent dans les détails toute l'histoire du coin, et celle de leurs familles bédouines. Elles sont très intriguées par le guide de maman qui leur prête aussitôt. Elles pouffent de rire devant certaines photos de Petra. On se regarde, incrédules. Elles nous racontent que le bédouin avec son troupeau de chèvre sur la photo est leur oncle (à la mode bédouine), et que sur la page suivante c'est leur cousin. Bref, un vrai album de famille!

Notre guide de Petra est un album photo pour les familles bédouines du coin, très marrant!

Au moment de les quitter, papa leur offre un beau stylo. On continue notre descente vers la vallée, direction Qasr el Bint. Episode un peu tragique de la carte bleue perdue, qui nous oblige à nous arrêter et tenter 25 combines différentes pour faire opposition. C'est un peu mission impossible: "vous êtes au milieu du désert avec un téléphone et un reçu de carte bleue. A vous de jouer!" On s'en est plutôt bien sorti...
Sur le chemin, on tombe sur un très joli petit temple avant le tombeau du soldat romain. Très sobre et plutôt tranquille, avec une énorme piscine-réservoir, 15 m au dessus. La journée se finit sur les chapeaux de roue après cette longue balade à travers les montagnes. La baignade dans la piscine gelée de l'hotel est plutôt bien accueillie après cette journée dans la fournaise de Petra!

Samedi 7 octobre: 2ème journée à Petra

Lever 6h du mat pour aller admirer le soleil briller sur la vallée. Malheureusement, et c'était prévisible, à 7h30, on est toujours assis à la table du petit déjeuner, impossible de se décrocher du magnifique buffet de l'hotel... Le soleil est déjà haut dans le ciel lorsque l'on rentre sur le site de Petra.

Programme aujourd'hui:
-ascension d'Al Deir
-visite de la ville basse

On prend 2 ânes entre El Kazaneh et Qasr el Bint pour 2 JD/pers, on n'a pas les moyens de se payer un dromadaire. Arrivé au niveau du temple de Qasr el Bint on démonte et commence alors l'ascension des 927 marches jusqu'au Monastère. Après 20 minutes de grimpette et 50 stands de vendeurs de colliers et cailloux de toutes sortes, nous arrivons enfin au somment, face au Deir...On tombe sur une oasis de verdure au milieu du désert, incroyable! L'accès au vase qui surplombe le temple est fermé à cause des risques d'éboulis, on va devoir se contenter de la vue depuis le bas.

Vue sur le Monastère du Deir depuis la grotte du bédouin

Après une courte exploration de toutes les tombes des environs, on file vers le point de vue panoramique sur la Araba et le désert du Néguev: superbe, mais un peu ensablée...la visibilité n'est pas très bonne. L'à pic est impressionant, on entend les cloches d'un troupeau de chèvres que l'on finit par distinguer sur un des flancs rocheux en contre-bas. Comment le bédouin est-il allé jusque là? La question restera sans réponse...

Il nous reste la ville basse à visiter. Il ne faut pas traîner, la chaleur commence à monter. Dans la descente, nous croisons un troupeau de chèvres pas farouches qui se laisse prendre en photo. On casse la croute un peu plus loin sur le chemin. Au menu: 3 dattes, 2 abricots secs et eau minérale. Très reposant de regarder les touristes transpirer dans l'ascension, et dans notre grande bonté nous proposons des dattes à ceux qui sont à la traîne.

Troupeau de chèvres dans la descente vers Qasr el Bint

Arrivé en bas, on s'écroule sur les bancs du musée et la sieste s'impose. On a l'air tellement crevé qu'on se laisse photographier par un groupe de touristes. Dans le musée: petit résumé du Business Model très lucratif des nabatéens.
1) S'installer dans le désert au milieu des cailloux, personne ne viendra t'emmerder et te piquer ton pognon.
2) S'installer à proximité d'un axe d'échanges commerciaux (Damas-Aqaba).
3) Encaisser les JD.
Bref, assez simple en somme. Le seul problème c'est que cet axe a changé lorsque les Abassides, après avoir renversé les Omeyyades ont décidé de transférer leur capitale de Damas à Bagdad. Too bad! Le désert est redevenu complètement désert du côté de Petra, les nabatéens ont été obligé de fermer la boutique. Triste fin...

On continue la visite avec la ville basse (Kubtah) , le tombeau à Etages et le tombeau à l'Urne. On finit par rentrer à l'hotel vers 16h, les mollets un peu en compote. Sur le chemin du retour, on se fait à nouveau harceler par 20 chameliers, chevaliers, muliers, aneliers qui se battent pour nous faire monter sur leur bestiole. Désolé, on n'a pas les moyen ("I can't afford it, man!": dixit Lawrence d'Arabie dans le film de David Lean)...

Temple de l'Urne

Nous voulons partir le lendemain au Wadi Rum. On va se renseigner pour les horaire de bus depuis Wadi Musa. Pas de chance, il n'y a qu'un seul bus, départ à 6h du mat' (entre 6h et 7h pour être plus précis). Ce qui nous ferait rater le petit déjeuner buffet qui commence à 6h30, ce qui est tout à fait inenvisageable. On décide finalement d'aller négocier un taxi pour le lendemain après s'être renseigné sur le prix à la réception de l'hotel (35 JD). Je prends le premier taxi qui me propose 25 JD sans négocier, je craque: topons là! Rdv le lendemain à 12h pour le grand départ vers le Wadi Rum! C'est Ismaiel qui nous conduira.